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Chalet Mariétan

Situé à 15 mn. à pied du centre du village de Zinal, le chalet est propriété de la Fondation Dr Ignace Mariétan . Il est géré par la Murithienne, société valaisanne des sciences naturelles et mis à la disposition de ses membres et de leurs amis aux conditions mentionnées ci-dessous. Sur demande auprès de la Murithienne, il peut être mis à disposition gratuitement pour la réalisation d’un travail dans le domaine des sciences naturelles.

M. Mariétan avait pris soin de conserver l’état des lieux de ce bâtiment qui date de 1729 ; la restauration, réalisée en 2001, a été menée avec l’aide de la Loterie Romande dans ce même souci de préserver les choses du passé. 

 

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Location

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Le chalet vu par Mariétan en 1943

(texte paru ds le Bull. Soc. suisse des traditions populaires 33 p. 42-47)

Le chalet est sis au-dessus de Zinal , sur un petit plateau à 1'800 m d’altitude en rive droite de la vallée, sur un versant formé par des éboulis et les écroulements provenant des Diablons et, contrairement aux granges-écuries voisines, il est orienté vers le fond de la vallée, donc vers le sud où le paysage est grandiose : le Grand Cornier, la Dent Blanche dont on voit toute l’arête des Quatre Anes, la Pointe de Zinal et le glacier de Durand, ferment la vallée.

C’est un chalet de mayen construit en 1729. Il représente le type des habitations temporaires où l’on vient quelques semaines en juin, en octobre et en janvier. Les matériaux employés pour sa construction sont uniquement la pierre et le bois. Le bois utilisé est le mélèze et l’arole : les poutres ont été équarries à la hache. Même les poutres du plancher sont faites à la hache ;  celles du plafond sont rabotées sur leur face inférieure. Ce chalet comprend une cave, une cuisine et une chambre. La cave est à demi enterrée, des murs en pierres sèches forment ses parois jusqu’au niveau du sol ; la porte, avec une serrure en bois fixée dans le montant, - la clef seule est en fer - s’ouvre sur des pointes en bois, pivotant comme gonds dans de petits creux aménagés dans les poutres inférieure et supérieure. Au milieu de la cave le « brenno » : une poutre dressée verticalement sur une pierre au sol qui  supporte 3 tablettes superposées pour recevoir des provisions et les conserver à l’abri des rongeurs. Ce  brenno construit si lourdement –  et réajusté sur un socle de pierre lors de la restauration du chalet en 2001,  est original et illustre bien la lutte des montagnards contre les rongeurs: on le trouve dans toutes les caves d’Anniviers.

La cuisine, de 2 x 4 m, à demi enterrée dans le sol, est en pierres sèches,  sauf la partie entourant le foyer qui a du mortier. La cloison qui la sépare de la chambre est en bois. On y  pénètre par une porte fermée par une serrure en bois : c’est l’entrée du chalet. La terre battue forme le plancher, le foyer est dans un angle, pas de fenêtre et pas de cheminée : la fumée s’échappe par le toit car le plafond ne recouvre que partiellement la cuisine. De là, on pénètre dans la chambre par une porte munie d’une fermeture en bois qui est d’un maniement très doux. Cette pièce fait 4 x 4 m avec une hauteur de 2 m. Sur la poutre maîtresse de petite dimension, on a gravé une date : 1729, un monogramme du Christ, une rosace décorative et les initiales des noms des propriétaires. Deux fenêtres de 39 x 54 cm sur la paroi sud et une de 37 x 45 cm sur la paroi ouest, avec 9 carreaux par fenêtre, en verre soufflé : on les faisait petites pour avoir chaud et aussi parce qu’on croyait que les mauvais esprits pénétreraient moins facilement dans la maison ; leur fermeture est assurée par des dispositifs de bois. Le mobilier de l’époque était constitué de deux lits superposés dans un angle et de deux autres identiques dans un autre angle : ils mesurent 110 x 160 cm et sont formés par des planches épaisses taillées à la hache et fixées aux parois par des montants chevillés, les couchettes d’en bas se déplacent sur des roulettes grossières, ce sont des lits à tiroirs  (les montants de ces lits ont été utilisés pour l’entourage du lit actuel, les planches sont encore visibles à la cave). Le chalet appartenait à deux familles, chacune ayant ses deux lits. Le fourneau en maçonnerie à la chaux repose sur trois plots en bois : il n’a qu’une ouverture vers la cuisine pour l’introduction du bois et la sortie de fumée. L’éclairage était assuré par une lampe en pierre ollaire - aujourd’hui disparue. Une table formée par une planche épaisse de 5.5 cm et ayant 65 x 100 cm de surface repose sur 4 pièces de bois en forme de X. D’autres bancs plus longs sont formés de planches grossières soutenues par des pieds de bois fendus. Une grosse planche de 5 cm d’épaisseur est fixée tout au long du haut de la paroi sud pour recevoir des objets divers. Sur le fourneau, un rectangle de bois retenu au plafond par des chevilles sert de suspension pour sécher le linge.

Le toit est recouvert de bardeaux. La coloration du bois sous l’action du soleil est intense : sur les parois sud et ouest le bois de mélèze prend une teinte cuivrée foncée tandis que l’arole devient jaune miel. Il s’est produit de véritables couches charbonneuses à la surface; le mélèze est plus résistant et reste assez lisse tandis que l’arole est rongé, ce qu’on voit aux nœuds et aux cernes du bois d’automne qui sont en relief. La paroi nord, comme les bardeaux du toit a pris une couleur grise qui montre l’effet de la pluie.

  

Rénovations

Monsieur le chanoine Mariétan, résidant à Zinal durant l’été, avait confié la rénovation du chalet à la famille Chablais avec qui il s’était lié d’amitié : la cuisine fut fermée et éclairée par une fenêtre, une conduite d’eau y fut amenée, des toilettes sèches installées vers l’arrière, le mobilier de la chambre modifié.

En 1992, la famille de Marcel Burri, président du Conseil de Fondation, a restauré le toit de bardeaux. 

En 2001 le comité de la Fondation Ignace Mariétan, grâce à l’aide financière de la Loterie Romande, put entreprendre la restauration du chalet. Les combles ont alors été aménagés en dortoir bas éclairé par de petites fenêtres, dont deux ouvertes dans la paroi sud, l’autre dans la paroi nord. On y accède par une échelle depuis la cuisine. Les pierres du sol de la cuisine  furent scellées, un potager à bois a remplacé le foyer ouvert, un évier a été installé, une salle d’eau moderne a été aménagée, enterrée dans le talus est, en prolongement de la cuisine, sans qu’elle ne marque l’architecture externe. Le chalet étant situé en zone constructible, le raccordement aux services industriels fut réalisé. La chambre principale n’a connu qu’un lavage substantiel, l’électricité installée discrètement ; le fourneau en maçonnerie a par contre été  rendu fonctionnel. Le mobilier a été partiellement restauré, notamment la table à provisions actuellement présente à la cuisine ; d’autres pièces ont été rétablies ou ajustées dans leur fonction en conservant l’esprit du chalet. La cave a été recreusée depuis l’intérieur, le brenno reposé, la porte réajustée en deux pièces de façon à ce que son usage soit commode. Un bûcher a remplacé les toilettes sèches ; enfin l’aplanissement de petites surfaces devant et derrière le chalet, prolonge l’intervention.